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Les règles d'une bonne tablée : sans pitch, badge ni carte

Un repas entre indépendants peut devenir une salle de vente ou une vraie rencontre. La différence tient souvent à quelques règles simples, posées avant que tout le monde s’asseye. Chez Tablez Club, il y en a trois de forme (pas de pitch, pas de badge, pas de carte de visite) et quatre de fond (venir, écouter, payer sa part, prévenir). Voici pourquoi, et ce qu’elles changent.

En bref

  • Pas de pitch : on se présente en vingt secondes, puis on écoute.
  • Pas de badge : on retient un prénom et un métier, pas une étiquette.
  • Pas de carte de visite : on échange un contact quand la conversation le justifie, pas avant.
  • Une table se compose à partir de ce que chacun cherche et de ce qu’il peut apporter.
  • On attend des convives qu’ils viennent, écoutent, paient leur part et préviennent en cas d’empêchement.

Pourquoi pas de pitch

Le pitch transforme le voisin en client. Dès qu’il commence, l’autre se met en défense, et la conversation devient une négociation. Or ce qui fait naître une recommandation, c’est la confiance, et la confiance se construit en écoutant.

La recherche va dans ce sens. Une étude publiée en 2017 dans le Journal of Personality and Social Psychology montre que les personnes qui posent davantage de questions, surtout des questions de relance, sont mieux appréciées par leurs interlocuteurs. Parler de soi pendant trois minutes produit l’effet inverse.

À la place, une présentation courte : ce que vous faites, pour qui, ce que vous cherchez ce soir. Nous l’avons détaillée dans un article dédié.

Pourquoi pas de badge

Le badge sert à repérer, de loin, qui vaut la peine d’être abordé. Il installe une hiérarchie avant même le premier mot : fonction, entreprise, parfois couleur selon le statut.

À une table de huit à dix, ce tri n’a pas lieu d’être. Tout le monde va parler à tout le monde, ou presque. On se présente de vive voix, on retient un prénom, et on demande à nouveau si on l’a oublié : c’est permis.

Pourquoi pas de carte de visite

La carte tendue en début de soirée clôt l’échange au lieu de l’ouvrir. Elle dit « appelez-moi plus tard » à quelqu’un avec qui vous n’avez pas encore parlé.

Sans carte, on échange un contact pour une raison précise : un nom à transmettre, un café à prévoir, un document à envoyer. Le contact a alors un sens, et la relance se fait naturellement.

Ce que ces règles changent

  • Les conversations durent plus longtemps. On ne cherche pas la personne suivante à aborder.
  • On parle de vrais sujets. Prix, clients difficiles, solitude du travail en indépendant, choix d’outils.
  • Les recommandations deviennent possibles. On recommande quelqu’un qu’on a compris, pas quelqu’un dont on a lu la carte.
  • Les plus réservés trouvent leur place. Personne ne doit se vendre pour exister à table.

Une étude de 2007 menée lors d’une soirée de réseau d’une centaine de professionnels a montré que les invités parlaient surtout à des personnes qu’ils connaissaient déjà. Une table composée à l’avance évite ce piège : vous ne connaissez personne, et c’est voulu.

Comment on compose une table par objectifs

Chez Tablez Club, chaque convive arrive par une candidature. On y indique son métier, son stade d’activité et ce qu’on cherche : des clients, des partenaires, des retours d’expérience, ou simplement sortir de l’isolement.

Ensuite, la composition suit quelques principes :

  • Des métiers qui se complètent. Un graphiste à côté d’un développeur, un consultant à côté d’un formateur : chacun croise les clients de l’autre.
  • Des objectifs qui se répondent. Quelqu’un qui cherche un partenaire est placé près de quelqu’un qui pourrait l’être.
  • Des stades variés. Une personne installée depuis des années apporte un regard utile à quelqu’un qui se lance, et inversement.
  • Une taille qui permet de parler. Une conversation spontanée dépasse rarement quatre personnes, selon une étude de 1995 sur les groupes de conversation. À huit ou dix, la table forme naturellement deux ou trois petits groupes qui se recomposent au fil du repas.

Ce qu’on attend des convives

Quatre engagements, simples à tenir :

  1. Venir. Une place réservée est une place qu’un autre n’a pas eue. Le billet en ligne est une réservation ferme.
  2. Écouter. Poser des questions, laisser finir, s’intéresser au métier de l’autre avant de parler du sien.
  3. Payer sa part. Chacun règle ce qu’il a pris ; les 15 € de réservation sont déduits de l’addition.
  4. Prévenir. Un empêchement arrive. Prévenez le plus tôt possible : la table a été composée avec vous.

Comment le club les applique

Tablez Club rappelle ces règles avant chaque repas et les publie sur la page des règles de la table. Elles valent pour les dîners du jeudi comme pour les déjeuners du mardi. Elles ne sont pas là pour surveiller, mais pour que chacun sache à quoi s’attendre en s’asseyant. La plupart des questions pratiques, sur le billet, l’addition ou un empêchement, ont leur réponse dans la FAQ.

Questions fréquentes

Ai-je le droit de parler de mon activité ?

Bien sûr. Vous vous présentez en début de repas, et si quelqu’un vous pose des questions, répondez-y. Ce qu’on évite, c’est l’argumentaire non sollicité et la proposition commerciale à table.

Que faire si un convive enfreint les règles ?

Le plus souvent, une relance de la conversation vers les autres suffit. Si le problème persiste, signalez-le au club après le repas. Les règles servent à protéger la qualité de la table pour tout le monde.

Peut-on échanger ses coordonnées à la fin du repas ?

Oui, c’est même le but. Échangez un numéro ou un profil professionnel avec les personnes à qui vous avez promis une suite. Le mieux est de noter, le soir même, ce que vous vous êtes dit.

Sources

  • Huang, K., Yeomans, M., Brooks, A. W., Minson, J., Gino, F., « It Doesn’t Hurt to Ask: Question-Asking Increases Liking », Journal of Personality and Social Psychology, 2017 : https://dash.harvard.edu/handle/1/35647952
  • Ingram, P., Morris, M. W., « Do People Mix at Mixers? Structure, Homophily, and the “Life of the Party” », Administrative Science Quarterly, 2007 : https://doi.org/10.2189/asqu.52.4.558
  • Dunbar, R. I. M., Duncan, N. D. C., Nettle, D., « Size and Structure of Freely Forming Conversational Groups », Human Nature, 1995 : https://doi.org/10.1007/BF02734136

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